mercredi 20 sept. 2017

Analyses & Revendications

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Enseignement à distance : l’heure de vérité

 

L’enseignement privé à distance vit une période difficile. On a pourtant peine à le croire, car ce secteur, qui s’appuie sur les nouvelles technologies pour former des salariés à des métiers très divers, devrait se développer en période de crise, lorsque la nécessité de se former se fait de plus en plus pressante. Les écoles par correspondance sont en effet les mieux à-même de fournir aux entreprises et aux travailleurs en quête de « compétitivité » les formations indispensables à la sortie de crise. Ça, c’est pour la théorie ; car en réalité, les écoles de formation à distance n’échappent pas au marasme ambiant et à la politique du moindre coût, détruisant ainsi à petit feu tout leur potentiel. Alors qu’il faudrait investir, imaginer les méthodes pédagogiques de demain pour répondre à une demande croissante, les dirigeants du secteur suivent, le doigt sur la couture du pantalon, les recettes libérales qui consistent à faire peser sur les salariés les échecs de management et le manque d’initiative des dirigeants.

Dans les entreprises (voir ci-contre les exemples d’Educatel et de l’Ecole Chez Soi), on fait comprendre aux salariés qu’ils devront faire mieux avec moins de moyens, et, comme partout, qu’ils doivent s’estimer heureux d’avoir toujours un emploi. Alors pour les augmentations de salaires, les conditions de travail et les sanctions disciplinaires qui s’accumulent, on est priés de garder le silence… Face à cela, le SNPEFP milite pour que les salariés soient respectés et que l’on considère que c’est grâce à leur travail que les écoles fonctionnent, malgré les décisions parfois ineptes des directeurs d’établissement qui ne répondent qu’à des logiques comptables à courte vue.

Au niveau de la branche et des négociations entre partenaires sociaux, c’est carrément à une politique de la chaise vide que s’adonne désormais le patronat. Seule fédération patronale de poids, la Chaned peine à trouver un successeur à Jean Baudard, pionnier de l’enseignement à distance moderne et ancien PDG de Forma-Dis, groupe leader du secteur comptant une dizaine d’écoles. Suite à son départ en retraite, aucune figure réellement investie n’émerge au sein des directeurs d’écoles. Loin de nous l’idée de regretter l’omnipotence de Baudard, mais force est de constater que ce qui vient derrière manque cruellement de vision pour permettre au secteur de relever les défis portés par la crise.

Le SNPEFP tire donc la sonnette d’alarme et appelle tous les salariés du secteur à se syndiquer pour faire entendre leur voix. Il est grand temps de s’impliquer dans chaque école pour trouver des solutions durables. On l’a dit, la crise économique, qu’elle soit réelle ou fantasmée, doit être un levier et non un frein à l’activité de l’enseignement à distance. Il est temps de développer des contenus interactifs de qualité, de varier les supports, et surtout de faire reconnaître les formations dispensées auprès des ministères, des OPCA et des grandes entreprises. Il est temps d’investir et de recruter des formateurs et des conseillers pour offrir aux nombreux chômeurs, salariés, étudiants et retraités les formations qui leur permettront de rebondir, d’obtenir une qualification, de reprendre confiance en eux ! C’est la seule voie possible si l’on souhaite que ce secteur connaisse enfin l’essor qu’il mérite.

 

 

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