samedi 21 juil. 2018

Appel à une journée nationale de mobilisation et d’actions dans le supérieur et la recherche le 10 avril 2018

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Le gouvernement doit entendre la colère qui monte, retirer la loi Vidal et répondre aux
revendications du personnel du supérieur et de la recherche
Paris, le 5 avril 2018
Après le succès de la journée nationale de mobilisation du 22 mars dans la fonction publique qui a réuni plus de
400 000 manifestant.e.s dans toute la France, après celles des 3 et 4 avril avec la grève des cheminots et le soutien
des étudiant.e.s et de toute une partie de la population, le nombre d’universités et d’établissements mobilisés pour
le retrait de la loi Vidal-ORE et contre la plate-forme Parcoursup ne cesse de croître. À ce jour, des assemblées
générales sont régulièrement organisées dans au moins 25 établissements et plusieurs d’entre eux sont bloqués ou
occupés. Bientôt, une centaine de départements ou UFR se seront engagés à ne pas participer au tri social des
dossiers des lycéen.ne.s et à accepter tous les bachelier/ière.s. Non seulement le gouvernement reste sourd aux
revendications des étudiant.e.s et des travailleur/euse.s engagé.e.s dans ces mouvements, mais il ouvre d’autres
chantiers de réformes qui apparaissent comme autant de provocations :
 les députés LREM, via la commission des finances de l’Assemblée nationale, viennent de passer commande à la
Cour des comptes d’un rapport en vue d’augmenter les frais d’inscription à l’université ;
 la ministre de l’ESRI et le gouvernement entendent modifier l’arrêté licence avec les objectifs suivants : réviser à
la baisse le nombre d’heures de formation, en finir avec la compensation des notes, individualiser les parcours,
permettre des inscriptions « à la carte » au détriment des progressions pédagogiques, faire intervenir le monde
« socio-économique » afin de « professionnaliser » ce diplôme, doubler l’évaluation des connaissances par la
certification de « blocs de compétences »… Tout cela aura pour conséquence de casser les collectifs
d’apprentissage et de mettre à mal le cadre national de la licence pour assujettir l’Université aux seules finalités
économiques et du marché de l’emploi ;
 au travers des « chantiers de transformation publique » le gouvernement entend s’attaquer au statut de
fonctionnaire pourtant garant de la liberté pédagogique, de l’indépendance de la recherche, de la qualification
des agent.e.s et du service de l’intérêt général : il souhaite augmenter encore le recours aux contractuel.le.s,
plus « flexibles », afin de diminuer le nombre d’agent.e.s sous statut et de recourir à de « nouvelles formes de
contrat », ce qui pourrait bien se traduire par la mise en place du contrat de mission ; il souhaite individualiser
encore plus les rémunérations en gelant le point d’indice pour tous les agent.e.s et en augmentant les primes
données à une minorité ; il « offre » à celles et ceux qui refuseraient une mobilité forcée un « départ
volontaire »…
 la ministre et le gouvernement remettent en cause les organismes nationaux de recherche, au travers des
restructurations imposées (par exemple avec le projet de fusion INRA-IRSTEA) et des politiques de site. Cette
évolution est illustrée par les récentes propositions du jury des Idex validées par le Premier ministre qui
permettraient aux président.e.s d’Idex d’amender les projets de budgets des institutions fondatrices et d’exercer
un droit de veto sur le recrutement des enseignant.e.s-chercheur/euse.s, enseignant.e.s et chercheur/euse.s de
ces mêmes institutions : soit une véritable mise sous tutelle des Idex, des différents établissements y compris
des organismes nationaux de recherche, remettant en cause leur mission nationale de service public de la
recherche.
Toutes les lignes rouges que nos organisations avaient déjà explicitées lors de la pseudo-concertation des mois de
septembre-octobre 2017 à propos de l’accès en premier cycle sont franchies et ce gouvernement, comme les
précédents, refuse d’investir en proportion de l’augmentation, dont chacun devrait pourtant se féliciter, des effectifs
dans l’ESR. Dans ce contexte, toutes ces réformes visent à casser la démocratisation en affaiblissant le service public,
les statuts des fonctionnaires, et à ouvrir les missions de l’enseignement supérieur à un marché concurrentiel qui
doit mener à une privatisation rampante. Elles conduisent à abandonner toute politique nationale de recherche. Les
étudiant.e.s, les lycéen.ne.s et les personnels de l’enseignement supérieur et de la recherche s’opposent à ces
réformes et demandent au gouvernement de répondre à leurs revendications.
LES ORGANISATIONS SOUSSIGNÉES EXIGENT :
 le dégel et la revalorisation du point d’indice, ainsi qu’un rattrapage en nombre de points du pouvoir d’achat
perdu ces dernières années ;
 l’abrogation du jour de carence ;
 la défense et la pérennisation du système de retraites par répartition et des régimes particuliers ;
 un plan pluriannuel de création d’emplois de fonctionnaires, enseignant.e.s-chercheur/euse.s,
chercheur/euse.s, ingénieur.e.s, technicien.ne.s, personnels de bibliothèques et administratifs, à hauteur de
6 000 créations par an pendant dix ans ; et dès à présent, le dégel de tous les emplois vacants ;
 la fin de la politique de précarisation et la mise en place d’un plan de titularisation des contractuel.le.s et
vacataires de l’ESR ;
 une réelle augmentation du financement public de l’ESR : 3 milliards d’euros par an pendant dix ans pour
atteindre l’objectif de 1 % du PIB pour la recherche publique et de 2 % du PIB pour l’enseignement
supérieur ;
 la préservation et la consolidation du statut général de la fonction publique ;
 un moratoire sur tous les processus d’expérimentation, de restructuration et de fusion d’établissements et
organismes ;
 le maintien du baccalauréat comme diplôme national et premier grade universitaire, garantissant l’accès de
toutes et tous les bachelier/ière.s sur tout le territoire aux filières post-bac et aux établissements de leur
choix ;
 l’abandon de l’instauration de blocs de compétences en lieu et place des diplômes et des qualifications ;
 l’abrogation de la loi Orientation et Réussite des Étudiants, l’ouverture de places supplémentaires et le refus
de toute sélection à l’entrée à l’université.
AUSSI NOS ORGANISATIONS APPELLENT-ELLES :
 à organiser des assemblées générales dans tous les établissements afin de débattre des modalités d’actions
locales et des suites à donner ;
 à construire en convergence avec les autres secteurs en lutte des actions dans la durée pour la défense des
services publics et de nos statuts ;
 à définir les modalités d’action pour lutter contre toutes les formes de restructurations actuellement en cours
dans l’enseignement supérieur et la recherche publics ;
 à organiser une journée nationale d’action et de manifestation, le mardi 10 avril 2018, contre la loi Vidal-ORE,
sa plate-forme Parcoursup et contre tous les projets de démantèlement et de marchandisation de l’éducation,
de l’enseignement supérieur et de la recherche.
CGT FERC-SUP, SNTRS-CGT, CGT-INRA, SNASUB-FSU, SNCS-FSU, SNESUP-FSU, SNEP-FSU, SNETAP-FSU, SLU,
SOLIDAIRES ÉTUDIANT.E.S, SUD ÉDUCATION, SUD RECHERCHE EPST, UNEF, FIDL, SGL, UNL

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