mercredi 19 sept. 2018

MANUEL DE L’INVESTISSEUR DANS LE SUPERIEUR PRIVÉ : Nos conseils à la Cgt !

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Dans Ie cadre de notre cycle de conférences à la Cgt, sur « Comment investir sans risque et à moindre coût dans l‘enseignement supérieur ? »abordons aujourd’hui une pratique assez étonnante, enrichissante et parfaitement légale !

Mais puisqu‘on vous dit Monsieur qu’on n’a pas le droit de revendre un association ! Pour une meilleure compréhension, le Monsieur, c’est moi l’anbanyme qui écrit cette bafouille et qui pourrait bien être aussi d’ailleurs une Madame, anonymat quand tu nous tiens. Et ceux qui parlent ce sont mes étudiant.es.

Donc la question du jour : Peut-on oui ou non revendre une association ? On hésite, on hésite, eh bien c’est NON ! Quoique …

Vous êtes un parfait manager, vous êtes efficace, brillant, multitâches, bref, disant que vous êtes un homme ! Vous avez un peu d ’économies, une banque qui vous suit et un avocat d’affaires (donc forcément un homme là aussi). Vous vous y connaissez en établissements d’enseignement supérieur privé bien entendu. Condition nécessaire pour ne pas faire n’importe quoi dans vos investissements.

Disant que vous arrivez tel un sauveur à la tête d’une école supérieure de type associatif donc. Comme vous êtes un bon manager et que vous n’en êtes pas à votre premier coup d’essai, vous savez insuffler cette énergie et ce sens de laréussite à tous vos collaborateurs. Et comme vous avez de bons réseaux et bien d’autres qualités, dont celle indispensable de savoir faire travailler sans compter ses salariés – c’est pas donné à tout le monde quand même – très vite vous développez votre école et les recrutements d’étudiants explosent, avec la reconnaissance de la qualité des formations dispensées – puisqu’on vous a dit que notre investisseur du jour connaît le secteur.

Au bout d’un moment vous avez le sentiment que l’école étant tellement bien lancée vous ne vous sentez plus aussi indispensables qu’avant. Une sorte de mal être s’empart de vous, genre : que vais je faire de ma vie ? (Beaucoup de salariés se la posent aussi mais la réponse est souvent unique : Travailler ou Chercher un travail). Et là vient une idée. Et si après avoir mis mes compétences à disposition de cette école, je mettais cette fois ci mes compétences à disposition de … moi même ! et un ami ou deux à l’occasion. Problème : mon école est sous la forme juridique d’une association ! Tout est perdu, je déprime à nouveau … Puis un soir au cours d’un dîner entre amis je rencontre mon avocat qui s’inquiète de mon moral qui baisse un peu et lui fais part de mes soucsi à vouloir passer à tout prix du statut de travailleur à celui d’investisseur.

Tout le monde le sait, la profession d’avocat comprend des êtres souvent très créatifs et dotés d’une très grande imagination dans la constitution de montages financiers plus ou moins complexes, et le plus souvent de manière parfaitement légale. Restons donc aux propositions légales, car on est quand même à la Cgt tout de même.

Robert (c’est le nom de notre chef d’entreprise), c’est simple, j’ai la solution ! (C’est l’avocat qui parle …). Dans ton école certaines formations doivent rester sous statut associatif car ça te permet de continuer à contractualiser avec l’Etat (en gros toucher des sous de l’Etat en fournissant un service public d’enseignement … ne rentrons pas dans les détails ici, car c’est source de nombreux débats au sein de la Cgt). Par contre il y en a bien une de formations dans ton école pour laquelle le statut associatif ne sert à rien. Tu externalises donc cette formation vers une société anonyme (pour les lecteurs non spécialistes et qui suivent encore, le terme   « anonyme » ne veut pas dire ici qu’on garde l’anonymat sur la société car il s’agit d‘une forme de société). Bien sûr tu vois avec ta banque pour investir toi même dans cette société anonyme (on vous passe le couplet sur les holdings, à des fins purement pédagogiques) en rachetant cette formation avec tes sous (ou ceux de ta banque) ou de ta copine.

- Mais personne m’a demandé de faire ça, répond Robert.

- C’est pas le problème, répond Dupond & Dupond (c’est l’avocat) et en plus c’est pas toi qui rembourse la banque mais c’est la formation que tu as externalisée dans ta société anonyme (principe du LBO qui sera vu dans un cours ultérieur car là faudrait pas voir à finir par embrouiller le lecteur en supposant qu’il y en ait encore un, mais comme vous le savez à la Cgt, qu’on ait une ou 100 personnes, on y met toujours autant d’énergie) avec les bénéfices que la société va dégager très vite et en revoyant encore plus vite les droits des salariés de ta société à la baisse. Si je te dis que ça marche !

Nous voilà donc partis.

Quelques années plus tard … (rassurez vous on dépasse rarement les 5 ans dans ces cas là (LBO), Robert est toujours DG de l’association et actionnaire principal de la société anonyme où il a investi quelques sous. Soit il recommen à s’ennuyer (il est comme ça Robert), soit il approche de la retraite et veut concrétiser le rêve de sa vie : faire le tour du monde. Ça demande encore un peu de sous quand même. Et comme Robert est très dépensier en invitant à dîner des amis souvent pas pauvres du tout, il faut se renflouer. Dupond & Dupond reprend du service car il est pas bien loin Dupond & Dupond (mais on vous dit pas où car sinon on saurait trop vite de quelle entreprise il peut s’agir) et dit à Robert, c’est presque le moment de refourguer le tout. Ton associatioon n’a jamais été au mieux, ta société tourne comme jamais, et y a plein d’investisseurs qui seraient intéressés par ton groupe (comprendre association + société). Comme en plus t’as ton bailleur qu’est pas fiable du tout et qui peut te mettre dehors du jour au lendemain et que même que ça pourrait te servir … (il parle comme ça Dupond & Dupond quand il est excité car ça lui rappelle ses occupations d’avant qu’il devienne avocat …), c’est maintenant qu’il fait débuter le processus.

Nous y voilà enfin ! Désolé pour cette description assez longue mais c’est Gérard (mon coach en littérature pour nul qui m’aide et moi je vous rappelle que je suis le « narrateur » … trop classe) qui dit que ça fait  bien de faire durer le suspens. OK.

Donc épilogue en 3 actes :

1/ Tu revoies  à la baisse les droits des salariés de ton association car franchement c’est abuser d’avoir autant de droits alors que c’est pas eux mais c’est bien toi qui prends tous les risques dans cette histoire ! (risques financiers uniquementb – et somme toute très faibles – car on vous dit que tout est légal). Mais ils ont rien demandé eux, répond Robert. C’est pas le problème éructe Dupond & Dupond. Car faut pas l’énerver l’avocat et faut le croire sur parole.

2/ Tu as comme par hasard un problème de places pour tes étudiants car tout le monde veut venir dans ton association. Deux hypothèses : soit ton bailleur y met opportunément du sien en disant qu’il t’a assez vu, soit tu dis que tu pars de toi même car le bailleur il est pas fiable à tes salariés. Dans tous les cas, tu dis que ton association si elle veut continuer à vivre, elle doit s’assocvier à un groupe bien plus grand. Mais je connais pas de groupes moi qui veuillent m’acheter mon association, répond Robert. Dupond & Dupond, comme à son habitude, répond « t’inquiètes, j’ai ce qui faut en magasin » (chez les avocats ça veut dire que j’ai des relations moi !). Il rajoute, « et je t’ai déjà dit Robert que ton association tu peux pas la vendre car c’est pas légal » !

3/ Le groupe est identifié. Les droits des salariés on tous été revus à la baisse dans l’association et la société grâce à un syndicat ami (ou à un syndicat plus vigilant mais pas aussi bon en communication que Robert). Robert vend sa société (ça c’est légal) Et au lieu de se faire une petite plus value en revendant uniquement sa société, il va se faire une maxi plus value en cédant dans le même temps l’association au passage, association qui représente pour l‘investisseur le produit le plus intéressant.

Et la boucle est bouclée.

Désolé car c’était un peu long. Je remercie du fond du coeur le dernier lecteur de cet article et prie (ça arrive aussi à la Cgt) pour que la phase 3/ ne se passe pas toujours comme dit plus haut et pour le bénéfice de tous !

Un.e anonyume !

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