samedi 16 déc. 2017

Situation alarmante à l’ESA (l’Ecole Spéciale d’Architecture)

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Nous reprenons  le sens des titres parus dans  la presse du jeudi  16 avril (Le Parisien, l’Humanité, le Monde) à propos de la crise ouverte à l’Ecole Spéciale d’Architecture (75014 Paris), avec la grève des étudiants protestant contre le licenciement brutal  de 9 personnels administratifs  sur 26 dont 5 cadres, tous occupant des postes « clé » à l’Ecole et,  comme par hasard, tous syndiqués !

C’est la mention de salariés  licenciés syndiqués à la CGT qui a retenu notre attention car…  salariés d’une Ecole Supérieure privée… nous ne les connaissions pas. Et pour cause, ces collègues avaient choisi de s’affilier au SNEA (Syndicat National des Ecoles d’Architecture CGT :  toutes  Ecoles Publiques, sauf l’ESA,  seule Ecole supérieure d’Architecture privée en France), qui fait partie du syndicat CGT de la Culture, rattaché comme notre syndicat à la même Fédération, la FERC-CGT.

Dès le vendredi 17, nous avons rencontré sur place une camarade  qui nous a communiqué un document faisant le point de la situation à l’Ecole (lire le document à suivre ainsi qu’un tract de la CGT).Dans la foulée, le lundi 20, La CGT Culture nous a invités à une réunion de travail avec les intéressés afin de définir un plan d’action, les entretiens préalables aux licenciements commençant le lendemain.

Nous restons en contact avec nos camarades de la Culture CGT et avec les syndiqués  CGT de l’ESA : en effet, l’ESA est bien dans le champ de la Convention collective de l’Enseignement Privé Hors-contrat, laquelle  est appliquée dans l’Ecole. Nous suivons avec intérêt l’évolution de la situation à l’ESA en apportant tout notre soutien à la lutte menée

- contre les licenciements discriminatoires et, sans nul doute, abusifs de ce seul fait,

-  pour la sauvegarde de l’ESA qui doit rester une Ecole de qualité digne de la renommée acquise au fil du temps par l’investissement professionnel de ses salariés,

- pour la mise en place sans tarder des élections professionnelles pour le renouvellement des mandats des Institutions Représentatives du Personnel que la Direction fait « traîner » à dessein et de façon abusive, privant les salariés des informations économiques nécessaires à l’action menée par les personnels  (et les étudiants) de l’ESA.

Lire l’article sur le site de la CGT-CULTURE : Marche au pas et tais-toi ! c’est ça l’ESA !

 

Un collectif de membres de l’association École Spéciale d’Architecture écrit :

 

L’École spéciale d’architecture traverse une crise institutionnelle aujourd’hui devenue si grave que nous souhaitons en informer la presse et l’opinion. Association de loi 1901 reconnue d’utilité publique, l’ESA est le seul établissement d’enseignement supérieur en France habilité à délivrer un diplôme d’exercice de l’architecture. Ses programmes sont approuvés par le Ministère de la Culture et de la Communication et ses diplômes visés par le Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche.

À ce titre, elle reçoit chaque année une subvention de ces deux ministères. Comptant plus de cent employés et près de 1000 étudiants, l’ESA est régie par une double gouvernance : direction et administration d’un côté ; conseil d’administration et assemblée générale associative de l’autre.

L’équipe dirigeante se compose du directeur, des administrateurs et du président du CA ainsi que de quelques membres de l’administration. Les différents collèges, enseignants, administratifs et étudiants sont représentés par leurs membres élus dans les différentes instances.

Nommé il y a deux ans avec pour mission la définition et l’installation d’une réforme pédagogique bouleversant l’ensemble de l’organisation, le directeur actuel est aujourd’hui en grande difficulté. Il n’est pas parvenu à rassembler autour de son projet.
Aujourd’hui, l’ESA affronte une vaste réorganisation dont la mise en oeuvre chaotique, au motif d’une réforme pédagogique très discutable sur le fond, révèle l’incapacité, voire l’incompétence de l’équipe dirigeante, notamment en termes de gestion financière, de ressources humaines et de relations publiques.

Depuis maintenant près d’un an, un mouvement d’opposition a tenté à plusieurs reprises d’alerter la direction sur la dégradation progressive et inquiétante de l’ambiance quotidienne de travail, du fonctionnement général et de l’image de l’école à l’extérieur. Sourde à ces alertes successives comme aux multiples revendications et aux nombreuses questions émanant de l’ensemble du personnel, des étudiants et de leurs parents, la direction s’obstine et compense son isolement de plus en plus évident par une violence grandissante envers toutes celles et tous ceux qui osent mettre question sa vision.

Règlements de compte, harcèlements, humiliations, insultes des employés, non renouvellement de contrats d’enseignants reconnus, multiplication des procédures prudhommales, augmentation préoccupante du déficit budgétaire, investissements absurdes, refus systématique d’organiser des élections professionnelles, dénonciation de la convention collective sont à l’ordre du jour. Le 9 avril, au prétexte de la nécessité de procéder à des licenciements économiques, 9 employés des services
para-pédagogiques (reprographie, atelier maquettes – qui était il y a encore peu de temps l’un des plus performants de France –, bibliothèque, communication, relations internationales, expositions, informatique, service technique) se sont vus séance tenante interdire l’accès aux locaux. À noter que ces personnes sont pour la plupart syndiquées.

A noter également que dans le cadre d’une procédure de licenciement économique « sain », un employeur n’a pas à exiger le départ immédiat des personnes concernées mais au contraire, à procéder au transfert des compétences et des dossiers. Dans le cas présent, la suspension sans délai du travail de l’ensemble des services a eu lieu sans le moindre accompagnement ni le moindre souci de transmission ce qui fait lourdement peser le doute sur la solidité de l’argument économique.

L’ambiance de travail est épouvantable. Les étudiants sont mobilisés et ont monté vendredi dernier une assemblée spontanée face à la direction qui n’a apporté aucune réponse claire à leurs questions, les renvoyant avec mépris à la relativité de « leur point de vue ». Lundi 13 avril ils ont tenu leur première journée de grève. Il nous semble désormais qu’un regard extérieur susceptible de rendre la situation publique aurait peut-être pour effet d’éviter la catastrophe que serait l’effondrement de l’École spéciale d’architecture ; de nous extraire de l’impasse et du désastre.

Un collectif de membres de l’association École Spéciale d’Architecture

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