mardi 24 oct. 2017

EAD : EDUCATEL : l’histoire d’une lutte : appel au soutien financier

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le mardi 26 octobre 2010

Des grévistes qui ont du souffle

Voilà plus de 45 jours que les commerciaux, ils sont 17 sur 18, d’EDUCATEL, un établissement d’enseignement à distance privé de Rouen ont cessé le travail. Ils occupent, sous un chapiteau rouge hérissé de drapeaux CGT, la contre allée qui borde le siège de la société Educatel pour manifester leur volonté d’obtenir la satisfaction de leurs revendications. Leur détermination reste, au fil des jours, intacte et leur courage est remarquable tout comme la solidarité militante qui entoure ces nouveaux camarades qui pour la plupart ont rejoint la CGT.

Une solidarité active

C’est d’abord l’accueil de l’Union locale, base logistique indispensable pour faire connaître leur mobilisation, ce sont les camarades cheminots qui apportent les plateaux repas, d’autres le café ou l’apéro et quand le patron s’avise que ce point rouge effervescent devant sa porte ne fait pas bon effet et décide de le faire expulser par référé en justice, c’est le syndicat des traminots qui finance l’avocat. Lequel obtient le maintien des grévistes qui ne gênent en rien la « liberté » du travail pour les autres salariés.

Le passage aux infos régionales de FR3, les articles dans la presse locale et leur place en tête des manifestations qui se succèdent leur valent des coups de klaxon joyeux de reconnaissance. La solidarité financière s’organise et les chèques arrivent… attendus quand les fiches de paye de septembre affichent zéro !

Les raisons du ras le bol et de la colère

Ils sont « commerciaux » et les objectifs de vente des cours à distance d’Educatel font partie de leur salaire : or, ces objectifs fixés par leur employeur sans aucune concertation sont irréalisables : la preuve ils touchent leur « commission » (laquelle leur permet d’atteindre le SMIC, quand ils atteignent 70% de leur réalisation ! c’est avouer qu’il est impossible d’atteindre 100% des objectifs fixés…

Et pour atteindre les 70% des objectifs qui leur permettent de toucher le SMIC… nos camarades travaillent bien au-delà de leur temps de travail contractuel : tous à temps partiel, à 30h hebdomadaires (pour que l’employeur puissent bénéficier des allègements fiscaux) ils doivent faire 20 à 30 heures de plus non payées pour toucher la commission qui leur fera gagner…900€ par mois !

Au cours de la lutte, les grévistes découvriront leur convention collective et la grille de classification et de rémunération : ils y verront que, tout en étant reconnus comme « techniciens » sur leurs fiches de salaires et leur contrat de travail, ils sont payés comme « employés » (quelques 300€ de moins !). Ils pourront vérifier également qu’ils font bien le travail de technicien puisque la description de leur poste correspond mot pour mot à celle du poste de technicien correspondant !. De quoi les conforter dans leur action, on en conviendra et de quoi entamer une action en référé devant le Conseil des Prud’hommes de Rouen, puisque le patron refuse toujours la négociation.

Des revendications impératives

- le respect de la Convention collective en ce qui concerne la classification et le salaire,

- la refonte négociée du « système des objectifs Educatel » pour mettre fin à une exploitation éhontée d’une main d’œuvre jeune et expérimentée : car il ne s’agit pas de vendre des doublevitrages ou des chaussettes mais des cours débouchant sur des diplômes : nos télé-vendeurs sont bien des télé-conseillers !

- le paiement des jours pour la grève qu’ils ont été contraints de mener pour obtenir que justice leur soit rendue,

- l’ouverture de négociations sur l’ensemble des conditions de travail

- la reconnaissance de leur engagement professionnel et le respect de leurs personnes.

Désignation d’un médiateur

Avec l’aide de leurs soutiens militants, les grévistes ont envahi les locaux de l’Académie (qui contrôle et labellise Educatel), du MEDEF local, de la Préfecture… ils ont été reçus et entendus puisqu’à sur la demande du MEDEF au Préfet, un médiateur a été nommé pour entamer le dialogue avec la direction d’EDUCATEL. La première réunion a eu lieu le 14 octobre et a laissé nos camarades sur leur faim. Néanmoins le dialogue avait repris sous la pression de la grève et s’il a débouché sur un protocole de désaccord, il a aussi amorcé un climat nouveau.

La reprise du travail, la tête haute et pleine de projets

Le 20 octobre, les grévistes ont décidé de reprendre le travail, ensemble et forts de leur longue bataille pour la dignité : il a été décidé de la mise en place d’une commission comprenant une délégation des grévistes, les organisations syndicales de l’entreprise avec une CGT sérieusement renforcée et l’employeur, commission chargée de revoir le système d’objectifs et de commissionnements ainsi que l’ensemble des conditions de travail. Les conclusions de cette commission seront rendues en avril prochain. Mais, d’ores et déjà la direction a convenu que les objectifs seraient réduits à 60% de leur montant actuellement fixé pour obtenir le commissionnement correspondant. Quel aveu plus éclatant du caractère abusif des montants fixés par la direction et dénoncés par les grévistes ! Concernant l’application des minima conventionnels, la direction, prenant prétexte du dépôt devant les prud’hommes des demandes de rattrapage de salaires, n’a rien voulu entendre… la conciliation lui fera peut-être entendre raison !

Nos camarades ont, à ce moment, décidé de poursuivre la lutte de l’intérieur en préparant les prochaines élections professionnelles qui devront être l’occasion de mettre en place des délégués déterminés à ne plus rien laisser passer ! Plus d’un mois et demi de formation syndicale a laissé des marques tenaces… plus question de subir sans mot dire, de souffrir dans son coin. Les solidarités militantes seront là tout près, dans le bureau, ou à portée de téléphone : les questions trouveront vite les réponses adéquates, et les actions des moyens appropriés… encore un mot :

Notre soutien financier doit être à la hauteur

Il ne doit pas faiblir : pas de salaire pour le mois de septembre et la paye d’octobre amputée d’un peu plus d’1/2 mois. C’est beaucoup !… les chèques de solidarité doivent continuer à arriver, collectifs ou individuels. Une heure de salaire, une journée : que chacun fasse ses comptes pour aider nos camarades à passer un cap difficile.

Les chèques doivent être adressés au SNPEFP-CGT case 544, 263 rue de Paris 93515 Montreuil Cedex avec la mention solidarité EDUCATEL.

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