mardi 22 août 2017

Sup de Co Amiens : L’affaire n’en restera pas là

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SUP de Co Amiens, nous vous en avions déjà parlé cet hiver :harcèlement  discrimination syndicale, délit d’entrave, suicide et tentative de suicide de salariés, Quatre salariés en accidents de travail ou maladie professionnelle. Et les militants CGT du SNPEFP qui se battent depuis deux ans dont Patrice TOTO, délégué syndical et secrétaire du CHSCT en arrêt maladie.

Nos camarades viennent d’obtenir une première victoire : leur combat ne restera pas lettre morte: le parquet d’Amiens a décidé de renvoyer 5 dirigeants devant le tribunal correctionnel dans le dossier de Harcèlement. C’est une première victoire ! IL NOUS FAUDRA ETRE NOMBREUX LE 6 JANVIER POUR SOUTENIR NOS CAMARADES. Pour plus d’infos, nous reproduisons deux articles du Courrier Picard du 25 septembre 2010 et 1er octobre 2010. rappelons que la presse locale et nationale ont a plusieurs reprises parlé de l’affaire voir par exemple Le Monde du 6 mars 2010

Paru le 25 septembre 2010 dans le Courrier Picard : Du beau linge renvoyé devant le tribunal, l’affaire SUP de CO en justice

Cinq dirigeants de l’école supérieure de commerce dont Bernard Désérable sont convoqués devant le tribunal en janvier prochain. le grand déballage public aura bien lieu. Avec peut être des sanctions pénales à la clé. Le parquet d’Amiens vient en effet de décider de renvoyer cinq dirigeants du groupe Sup de Co devant le tribunal correctionnel dans ce dossier de Harcèlement.

Et non des moindres : Jean-Louis Mutte, le directeur général de Sup de Co, Isabelle Mathier, la directrice administrative et financière de l’école, Roger Davis, le directeur de l’école supérieure de commerce, Georges Pouzot, le directeur de l’ISAM (Institut supérieur d’administration et de management) et enfin Bernard Désérable, président de la chambre de commerce et d’industrie en sa qualité de président du conseil d’administration du groupe.

L’audience est prévue sur une journée, dans le courant du mois de janvier. Il fallait au moins cela pour examiner en profondeur l’affaire. Et écouter tous les acteurs du dossier, qu’ils soient dirigeants, salariés ou syndicats. Six ou sept personnes se sont constitué parties civiles.

Un suicide comme élément déclencheur

L’affaire Sup de Co n’en restera donc pas là. Le parquet, après avoir examiné le résultat de l’enquête menée par les hommes de la police judiciaire d’Amiens, a estimé que les charges étaient suffisantes pour renvoyer l’affaire à la barre du tribunal.

Le climat lourd au sein de l’école avait été mis en lumière par un drame le 23 juillet 2009. Une ancienne directrice des ressources humaines s’était suicidée sur son lieu de travail en se défenestrant. Tout s’accélère ensuite.

Les représentants du personnel montent au créneau et dénoncent les mises au placard, surcharges de travail, mauvaises gestions des primes et évolutions de carrière, etc. Les personnels administratifs sont, selon eux, les premiers touchés, avec de nombreux arrêts maladie.

Le 21 janvier 2010, une assistante pédagogique de 44 ans, en arrêt maladie depuis le mois de novembre précédent, tente de se suicider en avalant des médicaments. Elle dénonce une « situation de travail devenue insupportable ».

Face à des accusations et à des actes aussi graves, la direction de Sup de Co fait face : « Le personnel n’exerce pas dans un climat de stress. Il est même content d’avoir du travail. (…) Je n’ai pas le sentiment que ces gens ont postulé au goulag ou à l’enfer », avait réagi le directeur Jean-Louis Mutte dans nos colonnes, maintenant qu’il était « inacceptable et odieux » de faire un « amalgame » entre le suicide et les conditions de travail.

C’est désormais à la justice de trancher, d’évaluer les responsabilités, et, peut-être, de sanctionner.

Gauthier LECARDONNEL

 

Paru le Vendredi 1er octobre 2010 : Sale tâche sur la grande école : l’affaire qui empoisonne l’école de commerce

Avec le renvoi de cinq de ses ses hauts dirigeants devant la justice en janvier prochain dans un dossier de harcèlement moral, le groupe Sup de Co est en pleine tourmente. Direction et plaignants campent sur leurs positions.

Des dirigeants d’école de commerce devant répondre en justice pour des faits de harcèlement. L’affaire Sup de Co, par sa nature et les personnalités impliquées, secoue la capitale régionale. Depuis des mois, la pression montait, les langues se déliaient, suscitant des réactions enflammées. Jusqu’à ce que le procureur de la République d’Amiens décide, la semaine dernière, de poursuivre cinq dirigeants du groupe Sup de Co en justice après avoir reçu le rapport de l’enquête menée par la police judiciaire d’Amiens. Le procès aura lieu le 6 janvier prochain.

Que s’est-il passé dans les bureaux administratifs de ce groupement d’écoles et d’institut ? Le groupe a-t-il failli dans la gestion de ses salariés ? La justice va se prononcer. Reste que l’atmosphère qui transpire des prestigieux bâtiments laissera forcément des traces sur un groupe qui, comme toutes les écoles de commerce, s’efforce de soigner son image.

Dans ce dossier sensible, on parle beaucoup sous couvert d’anonymat. Ou pas du tout. Selon cette ancienne salariée, les dysfonctionnements ne dateraient pas d’hier. Aussi n’a-t-elle pas été surprise lorsque l’affaire a éclaté : « J’ai été licenciée il y a 15 ans après avoir été mise au placard. Ils ont fichu 10 années de ma carrière en l’air ! »

« Nous aimons cette école »

Une salariée qui se défenestre en juillet 2009 – le lien avec son emploi n’est pas prouvé mais un proche assure que son travail est « la cause exclusive » du suicide – une autre qui tente de se suicider en janvier 2010 en motivant son geste par sa situation professionnelle, quatre personnes reconnues accidentées du travail, et une cinquième qui pourrait l’être prochainement. Les plaignants dénoncent des mises au placard, des manques de reconnaissance professionnelle, des primes non versées malgré de bons rapports d’évaluation, etc.

Face à la justice, les plaignants se doivent d’apporter des éléments précis sur le harcèlement subi, à charge pour les dirigeants poursuivis de prouver leur non véracité. Pour l’heure, quelques exemples ont été révélés. Comme cette assistante de direction, qui apprend en septembre 2008 son changement d’affectation à la vue de son bureau vidé, ses affaires dans des sacs poubelle. Ou encore ce responsable de la sécurité, affecté du jour au lendemain dans un bureau d’accueil. « On veut nous faire passer pour des personnes qui voulaient nuire à l’école. Mais c’est faux, nous aimons cette école. Certaines catastrophes auraient pu être évitées si on nous avait écoutés », indique ce plaignant qui dit, malgré tout, avoir appris le renvoi en justice « avec beaucoup de peine ». Cette autre salariée est satisfaite : « Peu importe le résultat, nous allons déjà être entendus. »

Les parties civiles ne sont pas les seules à pointer du doigt le groupe. Le 14 septembre, un professeur de vente dénonçait son limogeage 48 heures avant son premier cours, « viré comme un malpropre au bout de 5 ans ». L’homme demandait une revalorisation de ses honoraires. « Nous avons examiné avec attention votre proposition, et nous sommes au regret de ne pouvoir y donner une suite favorable. Notre collaboration pour cette année 2010/2011 n’est donc pas possible », lui a-t-on répondu dans un mail sibyllin.

GAUTIER LECARDONNEL

 

Les repères

Le groupe sup de Co Amiens Picardie regroupe l’école supérieure de commerce d’Amiens (ESC), l’institut supérieur d’administration et de management (ISAM) et le centre de formation Tout au long de la vie.

1300 étudiants sont inscrits cette année et 70 personnes environ sont employées par la structure.

Une salariée s’est donnée la mort en juillet 2009.

Quatre salariés sont en accident du travail et une assistante pédagogique en arrêt longue maladie. Des plaintes pour harcèlement sont déposées en 2009,. Février 2010, quatre dirigeants sont placés en garde à vue. Septembre 2010, le parquet décide de renvoyer en correctionnel le directeur du groupe Sup de Co, Jean-Louis Mutte, la directrice administrative et financière de l’école Isabelle Mathieu, le directeur de l’ESC Roger Davis, le directeur de L’ISAM, Georges Pouzot et le président du conseil d’administration du groupe, Bernard Désérable.


Le directeur général : « Il faut rester serein »

Le directeur général de Sup de Co, Jean-Louis Mutte, que nous n’avons pu joindre, était au congrès mondial des ressources humaines à Montréal (Canada) lorsque les renvois en justice ont été dévoilés. C’est à travers un courrier électronique, que nous nous sommes procuré, qu’il s’est adressé aux salariés du groupe. Le directeur commence par commenter l’article du Courrier Picard du 25 septembre, dévoilant ce renvoi au tribunal correctionnel. Il parle d’un « papier dont je vous laisse évidemment libre d’estimer la couleur et l’odeur », et de citer Alphonse Allais : « Si on se mettait à composer les journaux avec de seules véracités, ils tomberaient du coup au format de la feuille à cigarette ». Sur le fond de l’affaire, Jean-Louis Mutte indique que « les turbulences reviennent, mais cette fois nous allons savoir plus précisément quelles en sont les origines et la nature puisque l’on aura accès au dossier ». Le directeur invite ses salariés à « rester serein ». Pour lui, « il n’y a aucune raison de perdre son calme et son enthousiasme : nous avons une école magnifique, des étudiants merveilleux, un staff à la hauteur, et des enseignants de grande qualité ». Et de conclure : « Les esprits chagrins qui veulent penser le contraire ne changeront ni notre route ni notre destin ».

La direction du groupe garde donc sa ligne de défense. Le président de la chambre de commerce et d’industrie (CCI), et président du conseil d’administration du groupe, Bernard Désérable, n’a pas souhaité réagir, « le dossier étant en cours », a fait savoir le service communication de la CCI.

Gauthier LECARDONNEL

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